À retenir
- Le compte-titres ordinaire accepte tous les titres (actions du monde entier, ETF, obligations, fonds), sans plafond ni durée minimale, et peut être ouvert à deux.
- Ses gains sont taxés à 31,4 % (flat tax), ou au barème sur option, avec 40 % d’abattement sur les dividendes : sur un dividende, le barème gagne jusqu’à la tranche à 11 %.
- Les moins-values s’imputent sur les plus-values de l’année et des 10 années suivantes ; un compte ouvert à l’étranger se déclare chaque année avec le formulaire 3916.
- Pour un CTO au quotidien, Trade Republic (1 € l’ordre, plans gratuits) ; pour les actions américaines, Interactive Brokers (change à environ 0,03 %).
- Le compte-titres complète le PEA, il ne le remplace pas : les actions européennes dans le PEA, tout le reste dans le compte-titres.
Le compte-titres ordinaire (CTO) est l’enveloppe la plus libre pour investir en bourse : actions du monde entier, ETF, obligations, sans plafond ni durée. Sa contrepartie est fiscale : chaque dividende et chaque plus-value sont taxés à 31,4 % en 2026, sauf option pour le barème. Voici comment il fonctionne, comment il est imposé, et quels courtiers proposent le meilleur CTO, frais relevés les 22 et 23 octobre 2026.

Le compte-titres ordinaire, comment ça marche
Un compte-titres conserve vos valeurs mobilières et enregistre vos ordres d’achat et de vente ; il est toujours adossé à un compte espèces, sur lequel arrivent vos dividendes et le produit de vos ventes. Il s’ouvre chez une banque ou un courtier en ligne, et on peut en détenir plusieurs.
On peut tout y loger : actions françaises, européennes, américaines ou asiatiques, ETF de toutes zones, obligations, fonds, mais aussi des produits risqués comme les warrants ou les options. C’est l’enveloppe qu’il faut pour acheter Apple, Nvidia ou un ETF semi-conducteurs qui n’existe pas en version éligible au PEA.
Il n’a aucune contrainte de durée ni de montant : pas de plafond de versement, des retraits libres à tout moment, et la possibilité de l’ouvrir à deux (compte joint), ce que le PEA interdit. Vous pouvez vendre un titre et retirer l’argent le jour même, sans conséquence sur le reste du compte.
Compte-titres ou PEA ?
Le PEA est plus avantageux sur les actions européennes : après 5 ans, ses gains ne paient plus que les 18,6 % de prélèvements sociaux. Mais il est plafonné à 150 000 € de versements, réservé aux titres européens, et un retrait avant 5 ans le clôture. Le compte-titres complète donc le PEA plus qu’il ne le concurrence : gardez le PEA pour les actions et ETF européens, et le CTO pour tout le reste. Je détaille ce match dans PEA ou compte-titres, et les meilleurs plans dans mon comparatif des PEA.
La fiscalité du compte-titres en 2026
La flat tax de 31,4 %. Les dividendes, les intérêts et les plus-values du compte-titres sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total, pour les dividendes perçus depuis le 1er janvier 2026 et les plus-values réalisées depuis 2025. Rien n’est dû tant que vous ne vendez pas : une action qui double sans être vendue ne coûte aucun impôt. Mon guide de la flat tax détaille le mécanisme.
L’acompte sur les dividendes. L’établissement prélève 12,8 % à la source sur chaque dividende, en acompte de l’impôt, en plus des prélèvements sociaux. Vous pouvez en être dispensé si votre revenu fiscal de référence d’il y a deux ans est inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple, en le demandant avant le 30 novembre pour l’année suivante.
L’option pour le barème. Sur votre déclaration, vous pouvez choisir d’être imposé au barème progressif plutôt qu’à 12,8 %. L’option est globale (elle vaut pour tous vos revenus de placement de l’année) et elle ouvre droit à un abattement de 40 % sur les dividendes. Pour un dividende, elle est gagnante jusqu’à la tranche à 11 % ; au-delà, la flat tax coûte moins. À partir des revenus de 2026, vous pouvez renoncer à cette option si elle se révèle défavorable. Les titres achetés avant 2018 bénéficient en plus, au barème, d’un abattement de 50 % sur la plus-value après 2 ans de détention, et de 65 % après 8 ans.

Les moins-values. Une perte réalisée en vendant un titre s’impute sur les plus-values de la même année, puis sur celles des 10 années suivantes. Vendre une ligne en perte en fin d’année peut donc alléger l’impôt d’une autre vendue en gain.
L’IFU ou le formulaire 3916. Un établissement français, ou la succursale française d’un courtier européen, vous envoie chaque année l’IFU, un récapitulatif fiscal qui pré-remplit votre déclaration. Un compte ouvert dans un établissement situé à l’étranger, comme Degiro (Pays-Bas) ou Interactive Brokers (Irlande), se déclare en plus chaque année avec le formulaire 3916, sous peine d’une amende de 1 500 € par compte, et c’est à vous de reporter vos revenus et vos plus-values. Pour l’ensemble de vos placements, voyez mon guide de la fiscalité française.
Ouvrir un compte-titres
L’ouverture se fait en ligne en quelques minutes chez un courtier : une pièce d’identité, souvent un justificatif de domicile, votre résidence fiscale et un questionnaire sur votre expérience des marchés, imposé par la réglementation. Quelques conditions à connaître : Fortuneo demande un encours de 100 € à l’ouverture, BoursoBank impose un ordre d’achat minimum de 20 €, et XTB accepte un premier dépôt dès 1 €. Pour passer votre premier ordre, suivez mon guide pour acheter des actions.
Transférer ou clôturer un compte-titres
Le transfert se demande au nouvel établissement, qui s’occupe des démarches. Les titres changent de teneur de compte sans être vendus : aucun impôt, et ils gardent leur prix d’achat d’origine. L’ancien courtier facture des frais par ligne : 15 € chez Fortuneo, 15 € (titres français) ou 25 € (titres étrangers) chez Bourse Direct, 17,85 € ou 29,80 € chez BoursoBank, 25 € chez XTB, 50 € chez Saxo (160 € au plus). Chez Trade Republic, le tarif n’est publié que dans l’application, et les fractions d’action ne se transfèrent pas : elles sont vendues. Plusieurs courtiers remboursent ces frais aux nouveaux clients.
La clôture suppose de vendre vos titres, ce qui déclenche l’impôt sur les plus-values, ou de les transférer d’abord ailleurs. Une fois le compte vidé, les espèces vous sont reversées.
Le meilleur compte-titres en 2026
| Courtier | Ordre de 1 000 € à Paris | 1 000 € d’actions américaines (courtage + change) | Liquidités rémunérées | IFU |
|---|---|---|---|---|
| Trade Republic | 1 € | 1 € + change non publié | 3 % jusqu’à 50 000 € (nouveaux clients) | oui (succursale française) |
| Interactive Brokers | 3 € | 1 $ + 0,30 € | au-delà de 10 000 € | non communiqué, compte à déclarer (3916) |
| Bourse Direct | 1,90 € | 9,30 € | non communiqué | oui |
| XTB | 0 € | 5 € | 3,50 % pendant 90 jours, puis 1,10 % | oui |
| Degiro | 2 € | 4,50 € | non | non, compte à déclarer (3916) |
| Saxo (Classic) | 2 € | 1 $ + 2,50 € | non communiqué | non communiqué |
| Fortuneo (Progress) | 4,90 € | 10,70 € | non communiqué | oui |
| BoursoBank (Découverte) | 6 € | 6,95 € + change | non communiqué | oui |
Grilles officielles relevées les 22 et 23 octobre 2026. Non communiqué : absent des pages officielles consultées.

Trade Republic : le meilleur CTO pour investir chaque mois
1 € par ordre, quel que soit le montant, à Paris comme à New York, et des plans d’investissement programmés gratuits dès 1 €, sur les ETF comme sur les actions. Les nouveaux clients touchent 3 % sur leurs liquidités jusqu’à 50 000 €, et l’IFU arrive chaque année pour les comptes rattachés à la succursale française. Seule inconnue : Trade Republic ne publie pas de frais de change à l’achat d’une action américaine. Voyez mon avis sur Trade Republic, ou ouvrez un compte-titres Trade Republic depuis l’application.
Trade Republic
4,6Le courtier le plus simple pour investir chaque mois, en compte-titres comme en PEA
- 1 € par ordre, quel que soit le montant
- Plans d'investissement programmés gratuits, dès 1 €
- PEA, PEA jeunes et compte-titres dans la même application
- Ordre à Paris ou New York
- 1 € (2 € en choisissant la place)
- Liquidités
- 3 % jusqu'à 50 000 € (nouveaux clients)
- Agrément
- banque allemande (BaFin), succursale française
Interactive Brokers : le meilleur CTO pour les actions américaines
Son change en conversion automatique coûte environ 0,03 %, contre 0,08 % à 0,5 % chez les autres courtiers de ce comparatif : sur 1 000 € d’actions américaines, vous payez environ 0,30 € de change et 1 $ de courtage. Plus de 150 marchés, des fractions d’action, et plus de 150 ETF dont la commission est remboursée s’ils sont gardés au moins 30 jours. En contrepartie : une plateforme pour investisseurs rodés, un compte irlandais à déclarer chaque année, et des euros non rémunérés sur les 10 000 premiers.
Interactive Brokers
3,8Le courtier des investisseurs aguerris, 150 marchés et un change quasi gratuit
- Accès à 150 marchés dans une quarantaine de pays
- Change à environ 0,03 %, le plus bas du marché
- Compte-titres et PEA, sans droits de garde
- Ordre de 1 000 € à Paris
- 3 € (0,05 %, 3 € minimum)
- Actions américaines
- 0,005 $ par action, 1 $ minimum
- Agrément
- Interactive Brokers Ireland (Banque centrale d'Irlande)
Bourse Direct : le meilleur CTO français
1,90 € l’ordre de 1 000 € à Paris, 8,50 € à New York avec un change majoré de seulement 0,08 % : au-delà d’environ 2 000 € par ordre américain, c’est même moins cher qu’XTB. Courtier français, Bourse Direct envoie l’IFU, garantit vos titres jusqu’à 70 000 € par le FGDR et propose l’investissement programmé sur 27 ETF sans frais. Seul bémol : 0,036 % par an de droits de garde sur les titres étrangers.
Bourse Direct
4,5Le courtier en ligne français historique, parmi les moins chers sur Euronext
- PEA, PEA-PME et PEA Jeunes, sans droits de garde
- 27 ETF en investissement programmé sans frais
- Courtier français, IFU fourni, conseillers au téléphone
- Ordre de 1 000 €
- 1,90 € (0,99 € jusqu'à 500 €)
- Ordre de 5 000 €
- 4,50 € (0,09 % de l'ordre)
- Transfert sortant du PEA
- 15 € par ligne, 150 € au plus
XTB : le meilleur CTO pour les gros ordres en euros
Aucun courtage sur les actions et les ETF jusqu’à 100 000 € d’ordres par mois, achats et ventes cumulés, et 3,50 % sur les liquidités pendant 90 jours. Mais 0,5 % de change sur chaque opération en devise, 10 € par mois d’inactivité après un an sans ordre, et 25 € par ligne pour partir. Le détail est dans mon avis sur XTB.
XTB
4,2Actions et ETF à 0 % de courtage, en PEA comme en compte-titres
- 0 % de courtage jusqu'à 100 000 € d'ordres par mois
- PEA et compte-titres, achat dès 10 € en PEA
- Application xStation, dépôt dès 1 €
- Au-delà de 100 000 € par mois
- 0,2 % (10 € minimum en compte-titres)
- Change
- 0,5 % par opération en devise
- Agrément
- succursale française d'XTB S.A. (KNF, AMF)
Ce qu’en disent les clients
Sur Trustpilot, au 23 octobre 2026, Trade Republic obtient 4,6/5 sur 68 561 avis, XTB 3,8/5 sur 3 025, Bourse Direct 3,1/5 sur 1 629 et Interactive Brokers 3,0/5 sur 5 527. Les avis récents saluent surtout des frais bas et des applications simples ; le reproche qui revient chez tous est un virement, un retrait ou un transfert qui se bloque pendant des semaines, avec un service client difficile à joindre à ce moment-là. Une note basse signale un service lent, pas un risque sur vos titres, qui restent à votre nom.
Pour comparer ces courtiers avec Degiro, Saxo, Fortuneo et BoursoBank, PEA compris, voyez mon classement des meilleurs courtiers en ligne. Et pour choisir quoi y acheter, ma sélection des meilleurs ETF ou les valeurs du CAC 40.




