À retenir
- Quatre étapes : choisir l’enveloppe (PEA ou compte-titres), ouvrir un compte chez un courtier en ligne, choisir l’action ou l’ETF, passer un ordre à cours limité.
- Un courtier en ligne coûte jusqu’à 6 fois moins cher qu’une banque de réseau : 1 € l’ordre chez Trade Republic, 1,90 € chez Bourse Direct pour 1 000 €, contre 6,50 € en moyenne en banque.
- L’ordre à cours limité fixe le prix maximum payé ; l’ordre au marché s’exécute à n’importe quel prix, à éviter sur une valeur peu échangée.
- Une taxe de 0,4 % s’ajoute à l’achat d’une grande société française, quel que soit le courtier ; sur une action américaine, ce sont les frais de change qui pèsent.
- Sur un compte-titres, dividendes et plus-values sont taxés à 31,4 % ; dans un PEA, les gains ne paient plus d’impôt sur le revenu après 5 ans.
Pour acheter des actions, il faut un compte chez une banque ou un courtier, une enveloppe (PEA ou compte-titres), puis un ordre de bourse, passé en ligne en quelques clics. Rien de compliqué, mais trois choix font une grosse différence sur la durée : l’enveloppe, qui décide de vos impôts, le courtier, qui décide de vos frais, et le type d’ordre, qui décide du prix payé. Voici la méthode pas à pas, avec les frais réels relevés le 22 octobre 2026. Mon propre PEA est chez BoursoBank ; si vous partez de zéro, mon guide pour investir en bourse pose d’abord les bases.

Acheter des actions en 4 étapes

Étape 1 : choisir entre PEA et compte-titres
Le PEA (plan d’épargne en actions) est l’enveloppe la plus avantageuse pour les actions européennes : jusqu’à 150 000 € de versements, et après 5 ans les gains ne paient plus d’impôt sur le revenu, seulement les prélèvements sociaux de 18,6 %. Il n’accepte que les actions de sociétés de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, et les ETF investis à au moins 75 % dans ces actions. Avant 5 ans, un retrait clôture le plan.
Le compte-titres ordinaire accepte tout : actions américaines, asiatiques, obligations, sans plafond ni durée. En contrepartie, chaque dividende et chaque plus-value réalisée sont taxés à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème de l’impôt si vous choisissez cette option, avec un abattement de 40 % sur les dividendes. Les moins-values s’imputent sur les plus-values de l’année et des 10 années suivantes.
En pratique, on ouvre souvent les deux : le PEA pour les actions et ETF européens, le compte-titres pour le reste. Je détaille le match dans PEA ou compte-titres.
Étape 2 : ouvrir un compte chez un courtier en ligne
L’ouverture se fait en ligne : une pièce d’identité, un justificatif de domicile et un questionnaire sur votre expérience des marchés, imposé par la réglementation. Le choix du courtier compte bien plus que le temps passé à l’ouvrir, car les frais varient du simple au sextuple : selon l’AMF (Lettre de l’Observatoire de l’épargne, avril 2026), un ordre de 1 000 € coûte en moyenne 0,65 % sur un compte-titres en banque de réseau, soit 6,50 €. Chez les courtiers en ligne, au 22 octobre 2026, le même ordre coûte 0 € chez XTB (jusqu’à 100 000 € investis par mois), 1 € chez Trade Republic et 1,90 € chez Bourse Direct.
Deux points à vérifier avant d’ouvrir. L’agrément : un courtier sérieux figure dans le registre REGAFI de la Banque de France ou sur la liste des prestataires autorisés de l’AMF. Le pays du compte : un compte-titres ouvert dans un établissement à l’étranger se déclare chaque année avec le formulaire 3916, sous peine d’une amende de 1 500 € par compte oublié. Un établissement français (ou la succursale française d’un courtier européen) fournit en plus chaque année un IFU, le récapitulatif fiscal qui pré-remplit votre déclaration. Pour comparer les PEA un à un, voyez mon comparatif des meilleurs PEA.
Étape 3 : choisir l’action ou l’ETF
Une action est une part d’une seule entreprise : son cours suit les résultats et les perspectives de cette entreprise. En acheter une seule, c’est parier sur elle ; pour réduire le risque, il en faut plusieurs, de secteurs et de pays différents. Les 40 plus grandes sociétés françaises sont regroupées dans le CAC 40, un bon point de départ pour repérer des valeurs connues et très échangées.
Un ETF (ou tracker) achète d’un coup toutes les actions d’un indice, des dizaines ou des centaines d’entreprises, pour quelques dixièmes de pour cent de frais par an. Si vous débutez, c’est la façon la plus simple de commencer, et beaucoup d’ETF mondiaux existent en version éligible au PEA.
Les fractions d’action permettent d’investir de petites sommes dans une action chère : Trade Republic en vend dès 1 € sur son compte-titres (en ordre au marché seulement), XTB dès 10 € dans son PEA. Les autres courtiers vendent des actions entières.
Étape 4 : passer l’ordre au bon prix
Vous indiquez le titre, le sens (achat), la quantité, le type d’ordre et sa durée de validité. C’est le type d’ordre qui fixe le prix que vous paierez.

Utilisez l’ordre à cours limité. Vous fixez un prix maximum : l’ordre ne s’exécute pas au-delà, éventuellement en plusieurs fois. L’ordre au marché, lui, est exécuté en priorité mais à n’importe quel prix : sur une petite valeur peu échangée, l’écart avec le dernier cours peut dépasser de loin les frais de courtage. Les ordres à seuil et à plage de déclenchement servent surtout à vendre automatiquement pour limiter une perte. Par défaut, un ordre est valable pour la journée ; vous pouvez le prolonger jusqu’à une date choisie, ou jusqu’à 365 jours avec la validité « à révocation ». À prix égal, l’ordre arrivé le premier passe avant les autres.
Passez-le pendant la séance. À la bourse de Paris, la cotation est continue de 9 h à 17 h 30, après un fixing d’ouverture à 9 h et avant un fixing de clôture à 17 h 35 ; les ordres peuvent être saisis dès 7 h 30. La bourse est fermée les week-ends et, en 2026, le 1er janvier, les 3 et 6 avril, le 1er mai et le 25 décembre, avec des demi-séances les 24 et 31 décembre (calendrier d’Euronext).
Les titres arrivent deux jours de bourse plus tard. L’achat est immédiat, mais le règlement et la livraison se font aujourd’hui en J+2 ; l’Union européenne passera au J+1 le 11 octobre 2027, selon l’AMF.
Ce que coûte vraiment l’achat d’une action
Le prix affiché n’est pas tout. Trois frais s’ajoutent :
- le courtage, prélevé par le courtier à chaque ordre ;
- la taxe sur les transactions financières, 0,4 % du montant acheté, sur les actions de sociétés françaises dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros (article 235 ter ZD du Code général des impôts) : 4 € pour 1 000 € d’une grande valeur du CAC 40, chez tous les courtiers et dans toutes les enveloppes ;
- le change, sur une action cotée en dollars : 0,5 % par opération chez XTB, le cours du lendemain plus 0,12 % chez Fortuneo, 0,08 % chez Bourse Direct, autour de 0,25 % chez Saxo, selon leurs grilles du 22 octobre 2026.

Les droits de garde, enfin, ont disparu chez les courtiers en ligne, mais pas en banque de réseau : 0,35 % par an en moyenne pour un portefeuille de 60 000 € sur 10 lignes, selon la même étude de l’AMF.
Après l’achat : dividendes, impôts et revente
Sur un compte-titres, les dividendes sont versés sur votre compte espèces après une retenue de 12,8 % au titre de l’impôt (un acompte, dont vous pouvez être dispensé si votre revenu fiscal de référence d’il y a deux ans est inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple, en le demandant avant le 30 novembre) et des 18,6 % de prélèvements sociaux. La plus-value n’est taxée qu’à la vente. Votre courtier vous envoie chaque année l’IFU, à reporter sur votre déclaration de revenus.
Dans un PEA, dividendes et plus-values restent dans le plan sans impôt immédiat ; tout se règle au moment du retrait. Pour la fiscalité de l’ensemble de vos placements, voyez mon guide de la fiscalité française.
Les erreurs à éviter
- Passer un ordre au marché sur une valeur peu échangée : vous ne savez pas à quel prix il s’exécutera.
- Tout miser sur une seule action, même une grande : une entreprise peut perdre la moitié de sa valeur en une séance. Plusieurs lignes, ou un ETF, réduisent ce risque.
- Oublier les frais de change sur les actions américaines, qui coûtent parfois plus que le courtage, à l’achat comme à la vente.
- Ouvrir un compte à l’étranger sans le déclarer : 1 500 € d’amende par compte non déclaré.
- Confondre investir et spéculer : CFD, effet de levier et options font perdre de l’argent à la majorité des particuliers ; XTB affiche par exemple que 77 % des comptes de particuliers perdent de l’argent sur ses CFD.



