À retenir
- Ethereum est une blockchain sur laquelle tournent des applications : stablecoins, finance décentralisée, NFT, actifs tokenisés. L'ether (ETH) est la monnaie qui paie son utilisation.
- C'est la 2e cryptomonnaie du monde derrière le Bitcoin : environ 288 milliards d'euros de capitalisation au 27 septembre 2026.
- Contrairement au Bitcoin, l'ETH n'a pas de plafond d'émission : environ 122 millions d'unités circulent, et une partie des frais est détruite à chaque transaction.
- Depuis 2022, le réseau est sécurisé par des validateurs qui immobilisent des ETH (preuve d'enjeu) : staker ses ETH rapporte autour de 2,5 % par an, en ETH.
- Très volatil (plus de 80 % de baisse en 2018 et en 2022) : à acheter sur une plateforme agréée MiCA, en plusieurs fois, et à garder sur un wallet dont vous détenez les clés.
Le Bitcoin a inventé l’argent numérique. Ethereum a fait autre chose : une blockchain sur laquelle n’importe qui peut faire tourner des programmes. C’est sur elle que circulent la plupart des stablecoins, que fonctionnent les applications de finance décentralisée et que des gestionnaires d’actifs comme BlackRock émettent des fonds tokenisés.
Ce guide explique, sans jargon, ce qu’est Ethereum, à quoi sert l’ether (ETH), comment fonctionne le réseau, ce qu’il rapporte et ce qu’il risque, puis comment en acheter et le garder en sécurité en France en 2026.

Ethereum en bref
| Ethereum | |
|---|---|
| Symbole de la monnaie | ETH (ether) |
| Lancement | 30 juillet 2015 |
| Créateur | Vitalik Buterin et sept cofondateurs |
| Rang | 2e cryptomonnaie mondiale, derrière le Bitcoin |
| Capitalisation | environ 288 milliards d’euros |
| Cours | environ 2 360 € (2 690 $) |
| Plus haut historique | 4 946 $ (4 230 €), le 24 août 2025 |
| Offre en circulation | environ 122,1 millions d’ETH, sans plafond |
| Sécurité du réseau | preuve d’enjeu (validateurs), depuis le 15 septembre 2022 |
| Un bloc toutes les | 12 secondes |
Données au 27 septembre 2026 (CoinGecko, ethereum.org).
Ethereum et ether : la différence en une phrase
Ethereum est un ordinateur mondial partagé, et l’ether est la monnaie qui paie son utilisation.
Le réseau Ethereum est tenu par des milliers d’ordinateurs répartis dans le monde, qui exécutent tous les mêmes programmes et gardent tous la même copie des données. Personne ne peut l’arrêter ni modifier ce qui y est inscrit. Chaque opération (envoyer de l’argent, échanger un jeton, lancer un programme) coûte des frais, payés en ether : c’est ce qu’on appelle le « gaz ». Dans le langage courant, « acheter de l’Ethereum » veut dire acheter de l’ether.

Comment fonctionne Ethereum, simplement
Une blockchain : un registre que tout le monde peut vérifier
Comme le Bitcoin, Ethereum repose sur une blockchain : un registre où les transactions sont regroupées en blocs, chaque bloc étant lié au précédent. Modifier une ancienne transaction obligerait à réécrire toute la chaîne sur la majorité des ordinateurs du réseau, ce qui est en pratique impossible. Tout le monde peut consulter ce registre, mais personne ne peut le falsifier.
Les contrats intelligents : des programmes qui s’exécutent seuls
La vraie nouveauté d’Ethereum, ce sont les contrats intelligents (smart contracts) : de petits programmes publiés sur la blockchain, qui s’exécutent automatiquement quand leurs conditions sont remplies.
L’image la plus juste est celle du distributeur automatique : vous insérez la somme, vous choisissez, le produit tombe, sans vendeur. Un contrat intelligent fait la même chose avec de l’argent numérique : il prête, échange, verse des intérêts ou transfère un titre de propriété selon des règles écrites à l’avance, visibles par tous et que personne ne peut changer en cours de route.
La preuve d’enjeu : des validateurs qui mettent leurs ETH en garantie
Le Bitcoin est sécurisé par des machines de minage qui consomment beaucoup d’électricité. Ethereum a abandonné ce système le 15 septembre 2022 (une opération appelée The Merge) pour la preuve d’enjeu : le réseau est tenu par des validateurs qui immobilisent au moins 32 ETH en garantie. S’ils valident correctement, ils sont récompensés ; s’ils trichent, une partie de leur mise est détruite.
Résultat : la consommation d’énergie du réseau a baissé d’environ 99,95 %, selon la fondation Ethereum. Et tout détenteur d’ETH peut participer à la sécurité du réseau et toucher une part des récompenses, en « stakant » ses ETH (voir plus bas).
Les frais de gaz et les réseaux de couche 2
Chaque opération sur Ethereum se paie en gaz, dont le prix monte quand le réseau est encombré. Pour réduire la facture, la plupart des usages quotidiens passent aujourd’hui par des réseaux de couche 2 (layer 2) comme Arbitrum, Base ou Optimism : ils regroupent des milliers d’opérations et n’inscrivent que le résultat sur Ethereum, pour quelques centimes. Nos astuces pour réduire les frais de gaz Ethereum détaillent comment payer moins.
Depuis 2021, une partie des frais de chaque transaction est détruite. Quand le réseau est très utilisé, il peut disparaître plus d’ETH qu’il n’en est créé ; le reste du temps, l’offre augmente légèrement. Elle est ainsi passée d’environ 120,5 millions d’ETH au moment du Merge à 122,1 millions quatre ans plus tard, soit une hausse d’environ 1 % en quatre ans.
À quoi sert Ethereum concrètement
- Les stablecoins : des cryptos adossées au dollar ou à l’euro, qui servent de monnaie d’échange sur les plateformes et pour les paiements internationaux. Une grande partie des stablecoins, dont Tether (USDT), circule sur Ethereum.
- La finance décentralisée (DeFi) : prêter, emprunter ou échanger des cryptos sans banque, directement de wallet à wallet, grâce aux contrats intelligents. C’est ce qu’on appelle la finance décentralisée.
- Les NFT : des jetons uniques qui prouvent la propriété d’un objet numérique (œuvre, billet, objet de jeu). Voir ce que sont les NFT.
- La tokenisation d’actifs réels : des fonds monétaires, des obligations ou des parts de fonds émis directement sur la blockchain. BlackRock y a lancé son fonds tokenisé BUIDL en 2024, et d’autres banques et gestionnaires ont suivi.
- Les applications : des milliers de projets (échanges, jeux, identité numérique) sont construits sur Ethereum ou ses réseaux de couche 2, et s’utilisent avec un wallet comme MetaMask.
C’est cet usage qui distingue Ethereum : l’ETH a de la valeur parce qu’il faut en payer pour utiliser le réseau, et en immobiliser pour le sécuriser. Des milliers de jetons sont émis sur sa blockchain, rarement pour le meilleur : notre guide des nouvelles cryptos aide à repérer les projets sérieux.
Bitcoin ou Ethereum : quelles différences ?
| Bitcoin (BTC) | Ethereum (ETH) | |
|---|---|---|
| Rôle | Réserve de valeur, « or numérique » | Plateforme d’applications, « ordinateur mondial » |
| Offre | Plafonnée à 21 millions | Sans plafond, environ 122 millions en circulation |
| Sécurité | Minage (preuve de travail) | Validateurs (preuve d’enjeu) |
| Rendement possible | Aucun (hors prêt) | Staking, autour de 2,5 % par an |
| Un bloc toutes les | 10 minutes environ | 12 secondes |
| Usages | Épargne, paiement | Stablecoins, DeFi, NFT, tokenisation |
Les deux ne se remplacent pas, ils se complètent : c’est pourquoi la plupart des portefeuilles crypto commencent par eux. Notre guide pour acheter du Bitcoin couvre le premier, et le guide pour investir en cryptomonnaies aide à fixer la part des deux dans votre patrimoine.
Les grandes étapes d’Ethereum, de 2015 à Glamsterdam
- 2013 : Vitalik Buterin publie le livre blanc d’Ethereum.
- 30 juillet 2015 : lancement du réseau.
- 2016 : le piratage de The DAO, un fonds d’investissement construit sur Ethereum, entraîne une scission. La chaîne qui refuse d’annuler le piratage devient Ethereum Classic (ETC), une crypto distincte.
- Août 2021 (London) : une partie des frais est désormais détruite à chaque transaction.
- 15 septembre 2022 (The Merge) : passage à la preuve d’enjeu.
- Avril 2023 (Shapella) : les ETH stakés peuvent enfin être retirés.
- Mars 2024 (Dencun) : les frais des réseaux de couche 2 baissent fortement.
- 7 mai 2025 (Pectra) : comptes plus simples à utiliser, et validateurs pouvant regrouper jusqu’à 2 048 ETH.
- 3 décembre 2025 (Fusaka) : la capacité du réseau pour les couches 2 augmente encore.
- Prévu fin 2026 (Glamsterdam) : traitement des transactions en parallèle et construction des blocs intégrée au protocole. Date pas encore fixée au 27 septembre 2026.
Chaque mise à jour se fait sans interruption du réseau. C’est l’une des forces d’Ethereum : il évolue régulièrement, par consensus de ses développeurs et de ses validateurs.
Staker ses ETH : combien ça rapporte ?
Staker, c’est confier ses ETH à un validateur (directement, via une plateforme ou depuis son wallet) pour toucher une part des récompenses du réseau. Environ un tiers des ETH en circulation étaient stakés en août 2026, soit plus de 41 millions d’ETH, et le rendement du réseau tournait autour de 2,5 % par an en septembre 2026. Il baisse à mesure que le nombre d’ETH stakés augmente.
Trois choses à savoir avant de staker :
- Les récompenses sont versées en ETH : si le cours baisse de 30 % dans l’année, vos 2,5 % ne changent rien au résultat. Le staking est un bonus sur des ETH que vous comptez garder, pas une raison d’en acheter.
- Les plateformes prélèvent une commission et affichent souvent des fourchettes de 2 à 4 %. Certaines imposent un délai pour récupérer vos ETH.
- La fiscalité des récompenses n’est fixée par aucun texte : notez leur valeur en euros le jour où vous les recevez.
Notre comparatif du staking crypto passe en revue les plateformes agréées qui proposent le staking d’ETH et leurs conditions.
Le staking liquide : Lido et le stETH
Pour staker sans bloquer ses ETH, il existe le staking liquide. Vous déposez vos ETH sur un protocole comme Lido, le plus utilisé (plus d’un ETH staké sur cinq passe par lui mi-2026), et vous recevez en échange des stETH : un jeton conçu pour valoir un ETH, dont le solde augmente chaque jour avec les récompenses, moins 10 % de commission. Vos stETH restent revendables à tout moment, ou utilisables dans la finance décentralisée.

La contrepartie, ce sont des risques en plus : une faille dans le contrat intelligent peut coûter cher, et le stETH peut coter sous l’ETH en cas de panique, comme en juin 2022. Lido est un protocole décentralisé, sans agrément MiCA ni garantie : à réserver à ceux qui maîtrisent déjà leur wallet.
Les risques à connaître avant d’acheter
- La volatilité : l’ETH a perdu plus de 80 % de sa valeur en 2018, puis de nouveau en 2022, avant de repartir. En septembre 2026, il cote environ moitié moins que son record d’août 2025. N’y placez que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant plusieurs années.
- La concurrence : d’autres blockchains, comme Solana, proposent des transactions plus rapides et moins chères (voir aussi notre sélection des cryptos prometteuses). Ethereum garde l’avance de l’écosystème le plus large et le plus éprouvé, mais cette avance n’est pas garantie.
- Le risque technique : un contrat intelligent mal écrit peut être piraté. La blockchain Ethereum elle-même n’a jamais été compromise, mais des applications construites dessus l’ont été, parfois pour des centaines de millions de dollars.
- L’offre sans plafond : si l’usage du réseau baisse, moins d’ETH est détruit et l’offre augmente plus vite.
- La garde : laisser ses ETH sur une plateforme, c’est dépendre de sa solidité. D’où l’intérêt d’un wallet dont vous détenez les clés.
Comment acheter de l’Ethereum en France en 2026
La méthode est la même que pour le Bitcoin :
- Choisir une plateforme agréée MiCA. Depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées au niveau européen peuvent servir les Français : Finst, Bitvavo, Bitpanda, Coinhouse, SwissBorg, mais aussi Coinbase, Kraken, eToro, Revolut ou Trade Republic. Binance n’est plus accessible aux résidents français. Les frais d’achat vont de 0,15 % à 1,5 % selon la plateforme : notre comparatif des meilleures plateformes crypto les classe.
- Alimenter son compte par virement SEPA, gratuit sur la plupart des plateformes, plutôt que par carte bancaire, plus chère.
- Acheter en plusieurs fois : une somme fixe chaque semaine ou chaque mois (achat programmé) lisse votre prix d’achat et évite de tout investir au sommet.
- Transférer ses ETH sur un wallet dont vous détenez les clés, une fois la somme significative.
- Garder l’historique de vos achats et ventes pour la déclaration.
Sans acheter d’ETH en direct : des ETN Ethereum cotés en Europe s’achètent sur un compte-titres ordinaire, chez un courtier en ligne. Ils suivent le cours de l’ETH sans wallet à gérer, mais avec des frais annuels, et ne sont pas éligibles au PEA.
Sécuriser ses ETH : un wallet dont vous détenez les clés
Sur une plateforme, ce sont ses clés qui contrôlent vos ETH. Sur un wallet personnel, ce sont les vôtres : personne ne peut bloquer vos fonds, mais vous êtes seul responsable de votre phrase de récupération (12 ou 24 mots à noter sur papier, jamais en photo ni en ligne).
- Pour de petites sommes et un usage régulier : un wallet logiciel comme MetaMask, le plus répandu sur Ethereum.
- Pour une épargne de long terme : un wallet physique (cold wallet), qui garde les clés hors ligne. Même si votre ordinateur est piraté, rien ne sort sans validation sur l’appareil. Notre comparatif des meilleurs wallets crypto les passe en revue, jusqu’aux wallets sans phrase de récupération comme Zengo.
Ledger, entreprise française fondée en 2014, est la référence mondiale des wallets physiques : ses appareils gèrent l’ETH et les jetons d’Ethereum, et permettent de staker depuis l’application sans que les ETH quittent le wallet. Notre tuto Ledger pour débutants montre la mise en route pas à pas.
Ethereum et impôts : ce qu’il faut déclarer
- Acheter et détenir des ETH : rien à payer.
- Échanger de l’ETH contre une autre crypto (ou un stablecoin) : pas imposable en France.
- Revendre contre des euros ou payer un bien avec : la plus-value est imposée à la flat tax de 31,4 % en 2026, si le total de vos ventes dépasse 305 € dans l’année.
- Chaque compte ouvert sur une plateforme étrangère se déclare sur le formulaire 3916-bis, même sans vente. Un oubli coûte 750 € d’amende par compte.
Tout est détaillé dans nos guides sur l’impôt crypto en 2026 et sur la déclaration de ses cryptos aux impôts.
Qui a créé Ethereum ?
Ethereum a été imaginé en 2013 par Vitalik Buterin, un programmeur russo-canadien alors âgé de 19 ans, cofondateur de Bitcoin Magazine. Son livre blanc partait d’un constat : la blockchain du Bitcoin sait transférer de la valeur, mais pas exécuter des programmes. Il a été rejoint par sept cofondateurs, dont Gavin Wood (auteur de la spécification technique) et Joseph Lubin. Le projet a été financé en 2014 par une prévente d’ETH, puis lancé le 30 juillet 2015.
Le développement est aujourd’hui soutenu par la fondation Ethereum, basée en Suisse, mais aucune entité ne contrôle le réseau : les évolutions sont décidées par consensus entre développeurs, validateurs et utilisateurs.
Notre avis : faut-il investir dans l’Ethereum ?

Avec le Bitcoin, l’ETH est la crypto la plus établie, la plus liquide et la mieux documentée : c’est une base raisonnable pour une poche crypto. Il reste un actif très volatil, concurrencé, sans plafond d’émission et sans revenu garanti. La bonne approche pour un particulier : une petite part du patrimoine, des achats réguliers sur une plateforme agréée, des ETH mis en sécurité sur un wallet personnel, et un horizon de plusieurs années.



