À retenir
- XRP est la cryptomonnaie du XRP Ledger, une blockchain conçue pour les paiements : une transaction est réglée en 3 à 5 secondes, pour une fraction de centime.
- Ripple est l'entreprise qui a lancé XRP et l'utilise dans ses services de paiement. Elle détient encore une grande partie des XRP.
- C'est la 5e cryptomonnaie du monde : environ 84 milliards d'euros de capitalisation au 27 septembre 2026.
- Les 100 milliards d'XRP ont été créés dès 2012. Ripple en libère jusqu'à 1 milliard par mois depuis un séquestre, et en rebloque la majeure partie.
- Le procès de la SEC américaine est clos depuis 2025 et des ETF XRP existent aux États-Unis, mais l'XRP ne se stake pas et dépend beaucoup de Ripple.
XRP est la cryptomonnaie que les banques connaissent le mieux. Elle a été pensée dès 2012 pour une seule chose : faire voyager de l’argent d’un pays à l’autre en quelques secondes, pour presque rien, là où un virement international prend encore plusieurs jours.
C’est aussi l’une des cryptos les plus mal comprises, souvent confondue avec l’entreprise Ripple, et longtemps plombée par un procès avec le gendarme de la Bourse américaine. Ce guide explique simplement ce qu’est l’XRP, à quoi il sert vraiment, ce qui fait bouger son offre, ce qu’il risque, et comment en acheter et le garder en sécurité en France en 2026.

XRP en bref
| XRP | |
|---|---|
| Blockchain | XRP Ledger, lancé en juin 2012 |
| Entreprise associée | Ripple, fondée en 2012, dirigée par Brad Garlinghouse |
| Rang | 5e cryptomonnaie mondiale |
| Capitalisation | environ 84 milliards d’euros |
| Cours | environ 1,33 € (1,52 $) |
| Plus haut historique | 3,65 $, le 17 juillet 2025 |
| Offre | 100 milliards d’XRP créés en 2012 ; environ 63 milliards en circulation |
| Sécurité du réseau | quelques dizaines de validateurs de confiance, sans minage ni staking |
| Une transaction réglée en | 3 à 5 secondes |
| Frais | une fraction de centime, détruite à chaque transaction |
Données au 27 septembre 2026 (CoinGecko, XRP Ledger).
XRP, Ripple, XRP Ledger : qui est qui ?
Trois noms, trois choses différentes :
- Le XRP Ledger est une blockchain publique, ouverte à tous, qui fonctionne depuis 2012.
- L’XRP est la cryptomonnaie de ce réseau : elle paie les frais et sert de monnaie d’échange.
- Ripple est une entreprise américaine qui vend des services de paiement aux banques et aux entreprises, et qui utilise l’XRP dans certains d’entre eux.
L’image la plus proche est celle de l’e-mail : le protocole de l’e-mail appartient à tout le monde, et des entreprises comme Google vendent des services qui l’utilisent. Le XRP Ledger est le protocole, Ripple est l’entreprise. Avec une différence de taille : Ripple a reçu à l’origine une grande partie des XRP, et en détient encore des dizaines de milliards.
À quoi sert l’XRP
Son usage premier est le paiement international. Aujourd’hui, envoyer des euros au Mexique passe par une chaîne de banques correspondantes : plusieurs jours, des frais à chaque étape, et de l’argent immobilisé d’avance dans chaque pays. Avec l’XRP comme monnaie de passage, les euros sont convertis en XRP, voyagent en quelques secondes, puis sont convertis en pesos à l’arrivée.

Autour de cet usage, le XRP Ledger sert aussi à :
- Émettre des stablecoins : Ripple y a lancé en décembre 2024 son propre dollar numérique, le RLUSD, qui dépasse 2 milliards de dollars en circulation en 2026, sur le XRP Ledger et sur Ethereum. Le principe est le même que celui de l’USDT.
- Tokeniser des actifs : fonds, obligations ou titres émis directement sur la blockchain.
- Échanger des jetons, grâce à une place de marché intégrée au réseau.
En pratique, l’usage de l’XRP dans les paiements reste bien plus modeste que sa notoriété : une grande partie des volumes vient encore de la spéculation.
Comment fonctionne le XRP Ledger
Le XRP Ledger n’a ni minage ni staking. Il est tenu par des validateurs, des serveurs indépendants (universités, entreprises, plateformes) qui se mettent d’accord toutes les 3 à 5 secondes sur les transactions à valider. Chaque participant choisit la liste des validateurs auxquels il fait confiance ; la liste recommandée, suivie par la plupart, compte quelques dizaines de validateurs et est publiée par la fondation XRPL et Ripple.
Conséquences pratiques :
- Des frais minuscules, d’une fraction de centime, détruits à chaque transaction.
- Une consommation d’énergie négligeable, sans machines de minage.
- Aucun rendement de staking : détenir de l’XRP ne rapporte rien en soi.
- Une réserve de 1 XRP reste bloquée sur chaque wallet pour l’activer.
Comparé à Ethereum, à Solana ou à la BNB Chain, le XRP Ledger fait moins de choses (peu d’applications, peu de finance décentralisée), mais il fait très bien la sienne : déplacer de la valeur, vite et pour presque rien.
L’offre d’XRP : 100 milliards créés dès le départ
Contrairement au Bitcoin, aucun XRP n’est créé au fil du temps : les 100 milliards ont été émis en 2012, et leur nombre ne peut que baisser, au rythme des frais détruits. Une grande partie a été attribuée à Ripple. En 2017, l’entreprise en a placé 55 milliards dans un séquestre, un coffre programmé sur la blockchain.
Chaque 1er du mois, 1 milliard d’XRP sort de ce séquestre. Ripple en vend ou en utilise une partie et rebloque le reste, généralement 60 à 80 %, dans un nouveau séquestre. Résultat : quelque 200 à 400 millions d’XRP arrivent chaque mois en circulation, et environ 37 milliards d’XRP ne circulent pas encore.

Pour un investisseur, c’est un point clé : chaque mois, une offre nouvelle arrive sur le marché, et une entreprise en contrôle une part importante.
Le procès de la SEC : ce qu’il faut retenir
En décembre 2020, la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, a attaqué Ripple en l’accusant d’avoir vendu l’XRP comme un titre financier sans autorisation. Plusieurs plateformes américaines ont alors retiré l’XRP, et son cours a plongé.
En juillet 2023, une juge fédérale a tranché en partie en faveur de Ripple : les ventes d’XRP aux particuliers sur les plateformes ne constituaient pas des ventes de titres financiers. Ripple a été condamné en 2024 à une amende de 125 millions de dollars pour ses ventes directes aux investisseurs professionnels, et l’affaire s’est définitivement close en 2025, après l’abandon des appels. Depuis novembre 2025, des ETF XRP au comptant cotent aux États-Unis.
Les risques à connaître avant d’acheter
- Le poids de Ripple : l’entreprise détient encore des dizaines de milliards d’XRP et en libère chaque mois. Ses décisions pèsent sur le cours, et son succès commercial ne profite pas mécaniquement aux détenteurs d’XRP.
- Un usage en deçà de la réputation : de nombreux services de Ripple peuvent fonctionner sans XRP, et la concurrence des stablecoins, y compris le RLUSD de Ripple lui-même, est réelle pour les paiements.
- La volatilité : l’XRP a perdu plus de 90 % de sa valeur entre 2018 et 2020, et cote en septembre 2026 environ 58 % sous son record de juillet 2025.
- Une décentralisation discutée : une liste de validateurs recommandée, publiée en partie par Ripple, suivie par presque tout le réseau.
- Pas de rendement : sans staking, l’XRP ne rapporte rien à son détenteur.
Comment acheter de l’XRP en France en 2026
- Choisir une plateforme agréée MiCA. Depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées au niveau européen peuvent servir les Français. L’XRP est proposé par la plupart d’entre elles, comme Bitpanda, Bitvavo, Kraken ou Coinbase. Notre comparatif des meilleures plateformes crypto compare leurs frais.
- Alimenter son compte par virement SEPA, plutôt que par carte bancaire.
- Acheter en plusieurs fois : une somme fixe chaque mois lisse votre prix d’achat. La méthode complète est la même que pour acheter du Bitcoin.
- Transférer ses XRP sur un wallet dont vous détenez les clés, une fois la somme significative.
Piège classique : pour envoyer des XRP vers une plateforme, il faut souvent indiquer, en plus de l’adresse, un tag de destination (un numéro qui identifie votre compte). L’oublier peut bloquer les fonds et imposer une démarche auprès du support.
Sécuriser ses XRP
- Pour un usage régulier : un wallet logiciel compatible avec le XRP Ledger.
- Pour une épargne de long terme : un wallet physique, qui garde les clés hors ligne. Notre comparatif des meilleurs wallets crypto les passe en revue.
Ledger, entreprise française fondée en 2014, est la référence mondiale des wallets physiques : ses appareils gèrent l’XRP. Notre tuto Ledger pour débutants montre la mise en route pas à pas.
XRP et impôts : ce qu’il faut déclarer
- Acheter et détenir des XRP : rien à payer.
- Échanger de l’XRP contre une autre crypto ou un stablecoin : pas imposable en France.
- Revendre contre des euros : la plus-value est imposée à la flat tax de 31,4 % en 2026, si vos ventes dépassent 305 € dans l’année.
- Chaque compte ouvert sur une plateforme étrangère se déclare sur le formulaire 3916-bis, même sans vente.
Tout est détaillé dans nos guides sur l’impôt crypto en 2026 et sur les moyens de réduire légalement la flat tax crypto.
Qui est derrière l’XRP ?
Le XRP Ledger a été développé en 2011 et 2012 par David Schwartz, Jed McCaleb et Arthur Britto. L’entreprise qui deviendra Ripple est fondée en 2012 par Chris Larsen et Jed McCaleb, qui la quitte dès 2013 et lancera ensuite Stellar. Depuis 2017, Ripple est dirigée par Brad Garlinghouse. Le réseau lui-même est public : n’importe qui peut y faire tourner un validateur, et la fondation XRPL, indépendante de Ripple, contribue à son développement.
Notre avis : faut-il investir dans l’XRP ?

L’XRP a pour lui une technologie éprouvée depuis 2012, un usage clair et un cadre juridique enfin clarifié. Contre lui : une offre contrôlée en grande partie par Ripple, qui arrive sur le marché chaque mois, aucun rendement et une utilité réelle encore loin de sa réputation. Pour un particulier, le Bitcoin et l’Ethereum restent le socle ; l’XRP peut, au plus, en compléter une petite part, achetée régulièrement et gardée plusieurs années. Notre guide pour investir en cryptomonnaies aide à doser cette poche.



