Le plan d’épargne retraite (PER) est devenu le produit de référence pour préparer sa retraite tout en réduisant ses impôts. Créé par la loi PACTE et disponible depuis le 1er octobre 2019, il a remplacé les anciens dispositifs (PERP, Madelin, PERCO, article 83) avec une promesse simple : plus de souplesse, et un seul cadre pour toute l’épargne retraite. Voici son fonctionnement complet en 2026.
L’essentiel à retenir
- Le PER permet d’épargner pendant la vie active pour percevoir, à la retraite, un capital, une rente, ou les deux.
- Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Nouveauté 2026 : les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
- L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, sauf six cas de déblocage anticipé (dont l’achat de la résidence principale).
- Deux formes coexistent : le PER assurance (accès au fonds en euros) et le PER bancaire (compte-titres).
- La gestion est pilotée par défaut : le risque diminue à l’approche de la retraite. La gestion libre reste possible.
Qu’est-ce que le plan d’épargne retraite ?
Le PER est un produit d’épargne de long terme issu de la loi du 22 mai 2019 (loi PACTE). Il permet d’accumuler un capital pendant la vie active pour compléter ses revenus à la retraite. Il se décline en trois formes :
- Le PER individuel, ouvert à tous, qui succède au PERP et au contrat Madelin.
- Le PER d’entreprise collectif, qui succède au PERCO.
- Le PER d’entreprise obligatoire, qui succède au contrat article 83.
Bonne nouvelle pour ceux qui détiennent d’anciens plans : l’épargne d’un PERP, d’un Madelin ou d’un PERCO peut être transférée sur un nouveau PER. Ce guide se concentre sur le PER individuel, le plus répandu chez les particuliers.
PER individuel : pour qui, et sous quelle forme ?
Le PER individuel est accessible à tout majeur, sans condition de statut ni de revenus : salarié, indépendant, demandeur d’emploi. Il prend deux formes, qui ne donnent pas accès aux mêmes placements.
| PER assurance | PER bancaire | |
|---|---|---|
| Support juridique | Contrat d’assurance de groupe | Compte-titres |
| Souscription auprès de | Assureur, mutuelle, institution de prévoyance | Établissement de crédit, entreprise d’investissement |
| Accès au fonds en euros | Oui (capital garanti) | Non |
| Accès aux titres en direct | Non | Oui (actions, ETF…) |
| Fiscalité au décès | Proche de l’assurance vie (clause bénéficiaire) | Intégration à la succession |
Comment est géré un PER ?
Sauf demande contraire, votre PER est piloté selon le principe de la gestion pilotée à horizon. Un professionnel adapte l’allocation à votre âge : tant que la retraite est lointaine, l’épargne est investie sur des actifs plus dynamiques (et plus risqués) ; à l’approche de l’échéance, elle est progressivement sécurisée vers des supports prudents comme le fonds en euros.
Vous pouvez aussi opter pour la gestion libre et choisir vous-même vos supports. L’organisme gestionnaire doit vous informer, à l’ouverture puis chaque année, des caractéristiques du plan, de ses performances et des conditions de transfert.
Quels versements sur un PER ?
Vous alimentez votre PER par des versements volontaires, ponctuels ou programmés. Il peut aussi recevoir des sommes transférées depuis un PER d’entreprise : intéressement, participation, abondement employeur, jours de compte épargne-temps (CET), prime de partage de la valeur. Ce sont surtout les versements volontaires qui ouvrent droit à l’avantage fiscal à l’entrée.
La fiscalité du PER en bref
C’est le coeur de l’intérêt du PER. Le principe repose sur un différé d’imposition : vous économisez de l’impôt à l’entrée, vous le payez (en partie) à la sortie.
- À l’entrée : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de votre plafond. L’économie est proportionnelle à votre tranche marginale d’imposition. Depuis 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles, et vous pouvez mobiliser les plafonds non utilisés des cinq années précédentes.
- À la sortie : la fiscalité dépend du mode de déblocage (capital ou rente) et de l’origine des versements (déduits ou non). Pour les versements déduits sortis en capital, la part des versements est soumise au barème de l’impôt et les gains au prélèvement forfaitaire (31,4 % depuis le 1er janvier 2026).
Deux guides dédiés détaillent ces mécanismes : la fiscalité du PER (entrée, sortie, décès) et le plafond de déduction PER (calcul, report, mutualisation).
Comment débloquer son épargne ?
À la retraite, si vous n’avez pas opté d’avance pour la rente, vous choisissez librement de récupérer votre épargne en capital, en rente, ou en combinaison des deux. Le capital peut même être versé en plusieurs fois.
Avant la retraite, l’épargne reste bloquée, à six exceptions près permettant un déblocage anticipé :
- Invalidité (vous, vos enfants, votre conjoint ou partenaire de PACS) ;
- Décès du conjoint ou partenaire de PACS ;
- Expiration des droits aux allocations chômage ;
- Surendettement ;
- Cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire ;
- Acquisition de la résidence principale (sauf droits issus de versements obligatoires).
Les cinq premiers cas (accidents de la vie) sortent exonérés d’impôt sur le revenu ; l’achat de la résidence principale, lui, est fiscalisé. Le détail est dans notre guide sur la fiscalité du PER.
Transferts et succession
Transfert : vous pouvez transférer un ancien produit (PERP, Madelin…) vers un PER, et faire circuler l’épargne entre PER. Le transfert est gratuit après cinq ans de détention ; avant, les frais sont plafonnés à 1 % de l’épargne.
Décès : le plan est clôturé et reversé aux bénéficiaires. Sur un PER bancaire, l’épargne entre dans la succession. Sur un PER assurance, elle suit des règles proches de l’assurance vie, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans. C’est un argument fort en faveur du PER assurance.
PER ou assurance vie : que choisir ?
Le PER se distingue par sa déduction à l’entrée, mais bloque l’épargne jusqu’à la retraite. L’assurance vie reste disponible à tout moment, sans avantage à l’entrée mais avec une sortie peu taxée. Les deux se complètent souvent. Nous détaillons l’arbitrage dans notre comparatif PER ou assurance vie.
Quel PER individuel choisir ?
À avantage fiscal égal, c’est la qualité du contrat qui fait la différence sur le long terme : frais de gestion, frais sur versements, performance du fonds en euros, largeur de la gamme d’unités de compte et qualité de la gestion pilotée. Un PER trop chargé en frais grignote l’économie d’impôt obtenue à l’entrée.
Pour comparer les contrats du marché sur ces critères, consultez notre comparatif des meilleurs PER 2026. Et si vous visez un contrat précis, notre avis sur le PER Placement-direct passe une offre concrète au crible.
FAQ : le plan d’épargne retraite
Qu’est-ce qu’un PER individuel ?
C’est un produit d’épargne long terme accessible à tout majeur, sans condition de revenus, qui permet de constituer un capital ou une rente pour la retraite. Il succède au PERP et au contrat Madelin et prend la forme d’un contrat d’assurance (PER assurance) ou d’un compte-titres (PER bancaire).
L’argent versé sur un PER est-il bloqué ?
Oui, jusqu’à la retraite, sauf six cas de déblocage anticipé : invalidité, décès du conjoint, fin des droits au chômage, surendettement, liquidation judiciaire d’une activité non salariée, et achat de la résidence principale.
Peut-on sortir un PER en capital ?
Oui. À la retraite, vous pouvez récupérer la totalité de votre épargne en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou en combinant les deux. C’est l’une des grandes souplesses du PER par rapport aux anciens produits.
Vaut-il mieux un PER assurance ou un PER bancaire ?
Le PER assurance donne accès au fonds en euros (capital garanti) et offre une fiscalité successorale avantageuse, proche de l’assurance vie. Le PER bancaire permet d’investir en titres vifs mais retombe dans le droit commun des successions. Pour la plupart des épargnants, le PER assurance est le choix par défaut.
Combien puis-je déduire de mes impôts ?
La déduction est plafonnée selon votre statut et vos revenus. Le calcul, le report sur cinq ans et la mutualisation entre conjoints sont détaillés dans notre guide du plafond PER.