Ce qui change en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur votre plan d’épargne retraite après vos 70 ans ne sont plus déductibles.
Par ailleurs, vous pouvez désormais mobiliser les plafonds de déduction non utilisés des cinq années précédentes à partir des sommes versées en 2026.
L’essentiel à retenir
- Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond de déduction annuel. L’économie d’impôt est immédiate et proportionnelle à votre tranche marginale d’imposition (TMI).
- Cette déduction est une option : y renoncer allège la fiscalité à la sortie, ce qui peut être pertinent pour les TMI faibles.
- À la sortie, la fiscalité dépend du mode de déblocage (capital ou rente) et de l’origine des versements (déduits ou non).
- Le déblocage anticipé pour accident de la vie est exonéré d’impôt sur le revenu ; celui pour l’achat de la résidence principale ne l’est pas.
- En cas de décès, le PER assurantiel se rapproche de l’assurance vie ; le PER bancaire retombe dans le droit commun des successions.
La fiscalité à l’entrée : la déduction des versements
C’est l’atout central du PER. Chaque euro versé sur un PER individuel vient diminuer votre revenu imposable, dans la limite de votre plafond personnel. La déduction s’applique automatiquement au moment de la déclaration de revenus, sauf si vous choisissez d’y renoncer. À noter : depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
L’économie réalisée dépend directement de votre TMI : plus elle est élevée, plus l’avantage est important. Pour un même versement de 10 000 €, le gain fiscal varie fortement d’un foyer à l’autre.
| Tranche marginale d’imposition | Versement | Économie d’impôt |
|---|---|---|
| 11 % | 10 000 € | 1 100 € |
| 30 % | 10 000 € | 3 000 € |
| 41 % | 10 000 € | 4 100 € |
| 45 % | 10 000 € | 4 500 € |
Attention : ce gain n’est acquis que dans la limite de votre plafond de déduction PER. Au-delà, la fraction excédentaire des versements n’ouvre droit à aucune réduction. C’est pourquoi connaître son plafond avant de verser est indispensable.
L’option de ne pas déduire ses versements
Déduire ses versements n’est pas obligatoire. Renoncer à la déduction à l’entrée a une logique : les sommes versées ressortiront exonérées d’impôt sur le revenu à la sortie (seuls les gains seront taxés). Cette option intéresse surtout les contribuables faiblement imposés (TMI 0 % ou 11 %), pour qui l’avantage immédiat est marginal mais le coût à la sortie potentiellement plus lourd. Le choix se fait versement par versement, à la déclaration.
Règle simple : plus votre TMI est élevée aujourd’hui (et susceptible de baisser à la retraite), plus la déduction à l’entrée est avantageuse.
La fiscalité à la sortie du PER
Le PER offre une grande liberté au dénouement : sortie en capital (en une fois ou fractionnée), en rente viagère, ou en combinaison des deux. Chaque option obéit à un régime fiscal distinct, lui-même fonction de l’origine des versements.
Sortie en capital
| Versements déduits à l’entrée | Versements non déduits | |
|---|---|---|
| Part correspondant aux versements | Soumise au barème de l’impôt sur le revenu (pas de prélèvements sociaux) | Exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux |
| Part correspondant aux gains | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur les seuls gains |

Bon à savoir : vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement forfaitaire sur les gains si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (50 000 € pour un couple). La demande se fait auprès de votre gestionnaire au moment du versement.
Sortie en rente viagère
Le régime de la rente dépend, là encore, de l’option prise à l’entrée :
- Versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite. Barème de l’IR après abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux (18,6 % pour les rentes versées depuis 2026) sur la quote-part correspondant aux versements, après un abattement lié à l’âge.
- Versements non déduits : régime de la rente viagère à titre onéreux. Seule une fraction de la rente est imposable, selon votre âge au moment du dénouement : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans.
Sortie mixte
Vous pouvez combiner les deux : une partie en capital, le reste en rente. La fiscalité s’applique alors au prorata, chaque quote-part suivant son propre régime. C’est souvent le meilleur compromis entre disponibilité immédiate et revenu garanti à vie.
La fiscalité du déblocage anticipé
Le PER est bloqué jusqu’à la retraite, à deux familles d’exceptions près, qui n’obéissent pas à la même fiscalité.
- Accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire) : le capital débloqué est exonéré d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux (18,6 % depuis 2026) s’appliquent sur les gains.
- Achat de la résidence principale : la fiscalité est celle d’une sortie en capital classique. Pour les versements déduits, la part des versements est soumise au barème de l’IR et les gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Les versements obligatoires ne sont pas débloquables pour ce motif.
La fiscalité du PER en cas de décès
Au décès du titulaire, le plan est clôturé. Le sort fiscal des capitaux dépend de la forme du PER.
- PER assurantiel (souscrit auprès d’un assureur) : régime proche de l’assurance vie, avec clause bénéficiaire. Décès avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation à 20 % sur la fraction taxable jusqu’à 700 000 € par bénéficiaire, et 31,25 % au-delà. Décès après 70 ans : la fraction des versements dépassant 30 500 € (abattement global, tous bénéficiaires confondus) est soumise aux droits de succession.
- PER bancaire (compte-titres) : les capitaux sont réintégrés à la succession et soumis aux droits de succession de droit commun, sans abattement spécifique. Un point de vigilance pour les patrimoines importants ou les bénéficiaires éloignés.
Ce mécanisme de transmission rapproche fortement le PER assurantiel de la logique successorale de l’assurance vie. Pour creuser ce point, voir notre guide sur la fiscalité de l’assurance vie.
PER et impôt sur la fortune immobilière (IFI)
Pendant la phase d’épargne, les sommes d’un PER assurantiel investies en immobilier (SCPI, SCI, OPCI) échappent à l’IFI, tant que le contrat n’est pas rachetable. Un atout pour les patrimoines dépassant le seuil de 1,3 million d’euros. À l’inverse, le PER bancaire est soumis à l’IFI dès le départ pour sa fraction immobilière. Cette exonération temporaire cesse à la liquidation du plan ou en cas de déblocage anticipé.
PER ou assurance vie : quelle enveloppe privilégier ?
Le PER mise sur l’avantage à l’entrée (déduction), l’assurance vie sur la souplesse et une sortie peu taxée. Les deux sont complémentaires plus que concurrents. Nous détaillons l’arbitrage dans notre comparatif PER ou assurance vie. Et si vous êtes décidé pour le PER, notre comparatif des meilleurs PER 2026 vous aide à choisir le contrat le moins chargé en frais.
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FAQ : la fiscalité du PER
Quelle est la fiscalité d’un PER ?
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable à l’entrée, ce qui réduit l’impôt immédiatement. Pendant la phase d’épargne, versements et gains ne sont pas taxés. L’imposition intervient à la sortie, selon le mode de déblocage (capital ou rente) et selon que les versements ont été déduits ou non.
Comment est imposée une sortie en capital ?
Si les versements ont été déduits, la part correspondant aux versements est réintégrée au revenu imposable (barème de l’IR) et les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire de 31,4 % (depuis 2026). Si vous aviez renoncé à la déduction, la part des versements est exonérée et seuls les gains supportent ce prélèvement.
Vaut-il mieux déduire ou non ses versements ?
Cela dépend de votre TMI. Une tranche élevée aujourd’hui, susceptible de baisser à la retraite, rend la déduction très avantageuse. À l’inverse, un contribuable peu ou pas imposé a intérêt à ne pas déduire, pour sortir le capital sans impôt sur le revenu.
Le déblocage du PER pour acheter sa résidence principale est-il taxé ?
Oui. Contrairement au déblocage pour accident de la vie (exonéré d’IR), l’achat de la résidence principale entraîne, pour les versements déduits, l’imposition de la part des versements au barème de l’IR et celle des gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %.
Quel plafond de déduction pour le PER ?
Le plafond dépend de votre statut et de vos revenus. Nous détaillons son calcul, son report et sa mutualisation dans notre guide dédié au plafond PER.